vendredi 21 février 2014

Voyage en Bolivie partie 2 : La paz



Après quelques temps passés à la Senda verde à s’occuper d’animaux, place aux réunions et à l’administratif dans le froid de La Paz !
Ce court séjour dans la capitale doit être mis à profit pour présenter et promouvoir le projet ainsi que s’informer sur divers thèmes, notamment celui du choix entre le statut d’association et celui de fondation pour l’organisme que nous voulons créer en Bolivie.
Ce dernier point est spécialement important car il va grandement influer sur notre projet dans le futur. Pour prendre la meilleure décision, le mieux est de rencontrer le maximum de professionnels pour en discuter.

DGB

 La DGBAP (Direction Générale de la Biodiversité et des Aires Protégées), plus communément appelée la DGB, est l’organe du ministère de l’environnement (MMAyA) dont dépendent tous les refuges et zoos du pays. Nous avons de bons contacts avec eux depuis l’année dernière, une visite pour présenter les changements dans notre projet s’imposait donc.

Je me suis entretenu avec Angela Nunez, notre contact de l’année dernière et  n°2 de la DGB. Nous avons discuté de ce que nous voulons mettre en place, du projet de loi sur l’environnement écrit par ses soins et de la situation actuelle des refuges et zoos boliviens.
Lorsque la discussion est arrivée sur le sujet du choix entre association ou fondation, l’avocat de la 
 DGB nous a rejoint. D’après lui, créer une fondation serait le plus avantageux, le modèle associatif devenant de plus en plus surveillé et réglementé car nombres d’entre elles ayant en fait un but purement lucratif. Nous avons également pu échanger sur le thème d’achat de terrain, l’autre priorité de ce voyage sur le terrain.

Il était prévu que Mme Nunez m'accompagne à l'office de l'Estacion Biologica del Beni (le parc national qui nous intéresse pour notre projet). Malheureusement, de graves inondations sévissent actuellement dans le pays, notamment dans cette région. Tous les membres de l'office de La Paz sont partis aider leur région, nous avons donc remis cette réunion tripartite à plus tard.
 

ZOOLOGICO VESTY PAKOS DE LA PAZ


L’année dernière, j’avais participé à une formation au zoo de La Paz lors de laquelle Fidel Fernandez, le vétérinaire en chef, m’avait invité à intervenir à l’université d’El Alto. Pour entretenir ces bonnes relations, je suis retourné au zoo.
Ce fut l’occasion d’avoir une visite guidée par la biologiste en charge de l’enrichissement (qui est également une amie de l’an passé). Devant chaque cage, nous avons échangé nos idées et expériences sur ce point ou encore sur l’agencement intérieur.
En comparaison aux autres zoos du pays, le zoo de La Paz dispose de cages spacieuses pour la plupart et les animaux sont bien suivis. De plus, on ressent vraiment une envie de progresser.
Ce qui est intéressant dans ce zoo, c'est qu'il ne présente que des espèces boliviennes à l'exception des lions. Cela permet aux visiteurs de prendre conscience de l'incroyable biodiversité présente dans ce pays.






                                                    L'enclos à ours et l'un de ses habitants

Viscache

La dangeureuse cascabel (crotale)

                                                                       Un alpaga et des guanacos



Ce fut une journée très enrichissante. De plus, Mr Fernandez m'a sollicité pour une nouvelle intervention à l'université, les retours des étudiants sur celle de l'an passé ayant été très positifs. Ce serait effectivement très intéressant, nous avons convenu d'en reparler prochainement.
Encore mieux, je retournerai au zoo le 18 mars pour construire l'intérieur de la cage du chat de Geoffroy ou du margay (petits félins). Ces cages de taille correcte sont plutôt vides et mal exploitées, je vais donc agencer l'une d'elle avec un employé du zoo. Il pourra ensuite travailler dans les autres cages pour offrir un espace plus adapté à certains pensionnaires.

                 

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SERVICIO DE IMPUESTOS NACIONALES


Pour avoir une opinion sur le thème fiscal en ce qui concerne le statut d'association ou de fondation, j'ai rencontré un avocat du Service des Impôts National. C'est grâce à une amie que j'ai eu ce contact, ce qui a permit de faciliter les choses et d'avoir une discussion plutôt informelle (ce qui permet d'aller tellement plus loin).
Après avoir bien analysé notre projet, il nous a conseillé d'opter pour une association couplée avec une SRL (Société de Responsabilité Limitée). L'entreprise s'occupant des ventes de produits ou de services tandis que l'association gère le centre animalier et peux recevoir des donations.
Il nous a également donné de précieux conseils sur toutes les étapes à franchir et la gestion de ces deux entités.
L'autre avantage de cette formule est que la création d'une entreprise dont je serais l'associé me permet d'obtenir un visa nécessaire pour être en mesure de fonder une association ou une fondation.

Le premier avocat m'avait dit d'opter pour une fondation, le second pour une association et une SRL, pas facile de s'y retrouver... Toutefois, celui du service des impôts est plus spécialisé dans le domaine et a plus pris le temps d'écouter nos besoins.


SERNAP (Servicio Nacional de Areas Protegidas)

Grâce à Ivan, le vétérinaire de la Senda verde, j'ai eu la chance de rencontrer David Koop, biologiste qui occupait le poste d'Angela Nunez à la DGB précédemment.  Il travaille désormais à la SERNAP et connait donc parfaitement les parcs nationaux et autres aires protégées départementales.
Cette entrevue fut plus qu'intéressante, nous avons abordé énormément de sujets, des régions où commencer notre projet à comment acheter un terrain en passant par le thème de la sensibilisation.
Il nous a également conseillé d'opter pour le modèle association / entreprise grâce à son expérience des refuges animaliers.
Il va nous mettre en contact avec d'autres personnes de la SERNAP qui peuvent nous aider ainsi qu'avec le gérant du parc national de l'Estacion Biologica del Beni en plus de nous faire parvenir des documents sur les refuges animaliers et la sensibilisation.
Cette discussion m'a vraiment enchanté ainsi qu'appris beaucoup de choses, j'espère pouvoir le revoir prochainement.

DIVERS

A part ces réunions, j'ai passé du temps (beaucoup de temps) à attendre dans divers services d'administration pour avoir un maximum d'infos sur les papiers et conditions requis(es) pour fonder une association, une fondation ou obtenir un visa.
Une chose est sure, l'administration française n'est pas la seule à avoir quelques lacunes :)

En conclusion, le modèle association / SRL a pris de l'avance mais nous voulons encore rencontrer des professionnels pour nous décider. Nous connaissons encore plus en détails le thème d'achat de terrain et avons des contacts pour nous orienter dans notre choix.

AUTRES PHOTOS DU ZOO (pour égayer un peu cet article bien sérieux...)




                                     

                                     
                                     video

La prochaine étape du voyage est le centre Taricaya au Pérou, un centre qui relache des singes araignées, ça promet d'être intéressant!

Grégory

lundi 17 février 2014

Voyage en Bolivie 1ere partie : La Senda verde


Pour me remettre dans le bain, j’ai décidé de commencer mon voyage de cette année par une visite à la Senda verde, le refuge où j’ai travaillé l’année dernière. Ce centre animalier se situe à côté de Coroico, dans le département de Los Yungas. C’est un plaisir de revoir les amis et les animaux. Comme je connaîs déjà les lieux, j’ai pu me lancer directement dans divers projets. J’étais attendu pour organiser l’intérieur des cages, ce qui est ma spécialité.

MITZU Leopardus pardalis
Mitzu est un ocelot mâle d’environ 20 mois. Récemment, il a commencé à se lécher de manière impulsive, jusqu’à s’arracher les poils sur une grande partie de son flanc. Les vétérinaires hésitent entre un problème comportemental et un champignon ou une bactérie. Des tests sanguins ont décelé un champignon, toutefois, ce dernier est assez courant et ne mène généralement pas à ce type de conséquence. Ainsi la piste de trouble du comportement est à considérer sérieusement.


 En parallèle à un traitement adéquat, j’ai modifié tout l’intérieur de la cage de Mitzu. Les félins souffrent souvent de troubles psychologiques dûs à la captivité, il est donc très important de leur offrir une cage adaptée au mieux à leurs besoins pour réduire ces problèmes. Le cas de Mitzu est d’autant plus difficile que faute de place dans le refuge, ses voisins sont des perroquets et des singes soit autant de proies potentielles ce qui le perturbe encore plus.

J’ai donc construit dans la cage des lieux pour se reposer, se cacher et des branches pour se déplacer. Il est important de bien occuper l’espace pour offrir de multiples possibilités de déplacement et ainsi rendre la cage plus « grande ».  J’avais déjà effectué ce travail l’année dernière mais il est bon de modifier l’agencement  et d’ajouter de nouveaux éléments pour casser la routine. Le sol est également à prendre en compte, de petites choses comme un tas de bois, de cailloux, de sable ou encore de feuilles mortes stimulent l’animal et offrent des cachettes pour déposer la nourriture.
Il est bénéfique que Mitzu doive chercher sa nourriture et utilise ainsi son odorat, de plus, cela constitue une activité à part entière pour un animal en captivité.



En complément de ce nouvel agencement, nous essayons de présenter à Mitzu de nouvelles odeurs, de nouveaux éléments, de nouveaux « casse-têtes » pour accéder à sa nourriture et de nouveaux jeux pour l’occuper le plus possible et briser l’ennui. C’est ce que l’on appelle l’enrichissement.
Grâce à ces efforts combinés, Mitzu ne se lèche plus et parait beaucoup plus énergique, espérons que cela continue sur cette voie.
                                                

LUCACHIS ET KINKAJOU Callicebus donacophilus   Callicebus modestus Potos flavus

Peu après mon arrivée, le volontaire qui s’occupait des lucachis (callicèbes) et du kinkajou est parti. Comme je travaillais dans leur cage pour mettre des lianes en hauteur, on m’a demandé de les nourrir et de nettoyer leur cage. Les lucachis sont de petits singes, véritables boules de poils qui vivent en petits groupes. N’ayant que peu de moyens de défense, ils se déplacent lentement pour éviter d’attirer l’attention des prédateurs.

Lucachina (Callicebus donacophilus, Titi gris de Bolivie)
 Lorsque je rajoutais les lianes, ils étaient très curieux et il était difficile de travailler en paix. La situation était déjà inconfortable avec une échelle instable et trop petite, je n’avais pas besoin de lucachis qui essayent de me prendre ma pince, me mordent les jambes ou encore qui veulent rentrer dans mon t-shirt. En tout cas, ils adorent leurs nouvelles lianes et aiment aller le plus haut possible pour chanter en chœur.

Callicebus modestus (Titi du Beni)
L’un d’eux, une jeune femelle de 1 ans nommée Lucachina est plus joueuse que les autres et n’arrête pas de me sauter dessus pour se battre. Je ne peux pas entrer dans la cage sans qu’elle ne m’attaque, par jeu bien entendu.
                                                     
Le kinkajou est plus discret car c’est un animal nocturne. Je le vois tôt le matin et quand il se réveille, vers 17h30. Il s’étire alors de tout son long en tirant sa langue démesurée. Il devrait avoir une cage à lui bientôt mais le refuge étant plein à craquer, il doit pour l’instant partager avec les lucachis. Les rares fois où il est sorti en cours de journée, les lucachis l’ont harcelé l’un après l’autre en lui tirant les poils.


 Il est courant de trouver des kinkajous dans les centres animaliers car ils sont souvent vendu au marché noir comme animaux de compagnie. Si vous voulez en savoir plus sur le kinkajou, nous avons un article complet sur notre site internet, cliquez ICI.



Ce fut un réel plaisir de travailler avec les lucachis et le kinkajou, de pouvoir suivre ce qu’ils font tous les jours et apprendre à les connaitre. Chacun a sa personnalité propre, ses préférences en matière de nourriture… Ils ont leurs petites querelles, se retrouvent pour chanter ensemble… un régal. Cela donne d’autant plus de peine lorsqu’on sait que le titi du Beni est une espèce très menacée et en voie de disparition. 






SASHA Leopardus wiedii


Sasha est une femelle margay d’environ 7 ans. Pour rentrer dans sa cage, il faut l’attraper dans une petite cage attenante à la grande car elle est assez agressive. Toutefois, elle a bien compris le système et refuse d’y entrer. Personne n’ose entrer et sa cage a vraiment besoin d’être nettoyée. J’étais la dernière personne à rentrer avec elle, cela fait 7 mois !!




Travailler avec Sasha était ma priorité en venant à La Senda verde. Malheureusement, juste le jour où j’allais m’y mettre elle a commencé à être en chaleur. Il devient alors impossible de rentrer avec elle car contrairement à ses habitudes, elle s’approche des gens et demande de l’attention.
J’ai donc dû revoir mes plans, un peu déçu. Je crois que je retournerai à la Senda verde pour 2 jours prochainement afin de travailler dans sa cage. Cela m’a toutefois permis de passer du temps avec Cacao.



CACAO ateles chamek


L'histoire de ce singe araignée est des plus triste. 
Cacao

Jusqu'à il y a peu, Cacao vivait en liberté et était le mâle dominant des singes araignées. Toutefois, un singe hurleur nommé Canelo est arrivé à maturité sexuelle et a décidé de s'imposer en tant que mâle alpha non seulement sur le groupe de singe hurleur mais aussi sur celui des singes araignées. Une telle situation n'arrive jamais dans la nature, les deux espèces ne vivant pas ensemble mais elles se retrouvent côte à côte dans le refuge.
Cacao
Canelo a remporté le leadership sur le groupe mais est obnubilé par Cacao et l'attaque sans relâche. Il a alors été décidé de mettre Canelo en cage. Tellement pris par l'idée de chasser Cacao, il essaie par tous les moyens de s'échapper et se blesse gravement avec le grillage. Devant cette constatation, c'est finalement Cacao qui a été mis en cage.
Il s'est déjà échappé et il en a résulté de très graves blessures infligées par Canelo et également par les singes araignées sur qui il régnait encore il y a quelques temps. Encore aujourd'hui, tous les jours, Canelo vient autour de la cage de Cacao pour essayer de l'attraper à travers le grillage ou faire un trou afin de rentrer à l'intérieur.
Canelo
La cage de Cacao était désespérément vide. J'ai rajouté des plateformes balançoires en hauteur, des cordes, des échelles, des lianes et des branches. Même si il utilise tous les nouveaux accessoires et retrouve en peu d'énergie, il reste seul, souffre d'ennui et il demande beaucoup d'attention. Il est bon de s'asseoir avec lui et de fouiller son pelage, comme le font les singes araignées entre eux.


DIVERS

J'ai également participé à diverses autres activités, ce qui m'a donné l’occasion de passer du temps avec les gens d’ici, volontaires ou employés. Il est toujours bon d’échanger nos idées, et si c’est dans la bonne humeur c’est d’autant mieux !
Entre autres, j’ai beaucoup discuté avec les deux vétérinaires du refuge et la coordinatrice des volontaires. Grâce à eux, j’ai également pu avoir de nouveaux contacts sur La Paz. Le vétérinaire a un ami qui travaille à la SERNAP (SERvicio Nacional de Areas Protegidas) et un autre qui est avocat spécialisé dans les questions environnementales.  Il va faciliter notre rencontre.
J’ai également pu parler de divers thèmes avec les fondateurs du projet, notamment pour nous aider à choisir entre les statuts d’association et de fondation ce qui constitue l’un des buts de ce voyage. 

La prochaine étape est de passer quelques jours à La Paz pour rencontrer plusieurs organismes impliqués dans la conservation de la faune et de la flore ainsi que des avocats.

Autres photos :







 

 
Il y a des choses qui ne te manquent pas!



N’ayant que peu de temps sur La Paz, le prochain article du blog devrait paraitre bientôt !

Grégory